Les Alpilles forment le dernier relief avant le grand delta du Rhône. Isolé entre les plaines du Rhône et de la Durance, les grands territoires du Comtat Venaissin et de la Crau, le relief des Alpilles apparaît comme une île. Cette domination du massif sur les plaines sans transition lente en fait son originalité. Au sommet du triangle d’or de la biodiversité Camargue - Crau -Alpilles, le territoire du Parc offre une complémentarité d’habitats naturels rarement observée, où les milieux humides (canaux, mares temporaires…) se mêlent intimement aux espaces secs de la colline.

Cette richesse écologique est le fruit de conditions naturelles exceptionnelles, façonnées et diversifiées par plus de 4 000 ans de civilisation.

Les sols que l’on foule en se promenant sur les crêtes ou dans les vallons des Alpilles sont nés durant l’ère secondaire. La mer les recouvrait alors, déposant au fil du temps, des millions d’années durant, les fines particules de calcaire blanc qui font aujourd’hui la beauté et l’originalité du massif. Après le retrait des eaux, au crétacé, la Provence subit une longue phase de plissements qui feront apparaître l’essentiel des reliefs. Exposés aux vents, aux pluies et au soleil, ces plis immaculés découperont lentement les fines dentelles de pierre typiques des Alpilles. Emergeant des plaines comme une île au milieu de l’océan, ces montagnes tourmentées n’ont pas eu besoin de s’élever bien haut pour paraître s’élancer à la conquête du ciel.

Hivers doux, étés chauds et secs, vent violent et sols squelettiques font de ce territoire un lieu de prédilection pour des milieux naturels exceptionnels et souvent peu répandus, comme les pelouses sèche méditerranéennes, avec la faune sauvage qui leur est associée. La superficie importante des espaces naturels du Parc, ses escarpements rocheux et une pression humaine encore modérée en font également un espace favorable à la nidification d’espèces rares et menacées, comme l’Aigle de Bonelli (lien L’Aigle de Bonelli) ou le Vautour Percnoptère (lien Le vautour percoptère), Jalonné de nombreuses cavités (grottes, carrières…), ce territoire est également un site clé pour les populations de chauves-souris du Sud de la France.

Ici, culture et paysage ne font qu’un, dans un entremêlement magique qui s’épanouit à chaque nouvelle inspiration des hommes.

Les couleurs vives des champs et de la pierre, les ombres des rochers et des pins, les courbes des cyprès, des oliviers et amandiers dans le Mistral, continuent à être une formidable source d’inspiration pour la création artistique. Elles exerçent toujours un pouvoir de fascination sur les artistes peintres, pour n’en citer que quelques uns, Chabaud, Brayer, Serra, Lelée, dont bien sûr Van Gogh qui fit connaître au monde entier cette lumière si particulière...

Mais au delà des peintres célèbres, ce territoire source d’inspiration et d’échanges bénéficie de tout un foisonnement individuel et pluriel d’art contemporain, de danses, de créations. Carrefour des civilisations hier, il demeure aujourd’hui un lieu d’échange, d’expression et d’innovation culturelle.

Terre de culture depuis des millénaires, remarquable source d’inspiration, les Alpilles se distinguent par une véritable effervescence où tous les arts sont présents et se conjuguent sans jamais s’opposer.

L’épanouissement de l’homme dépend souvent de sa capacité à s’ouvrir et à échanger, tel les catalans et les provençaux autour d’une Coupo Santo porteuse d’ espoir et de solidarité.

Les créations culturelles d’hier et d’aujourd’hui puisent leur inspiration dans ce qui fait vécu, expérience. La culture provençale loin d’être un musée s’enrichit de l’expérience des hommes et ne peut être en cela dissociée de tout projet d’ouverture vers l’avenir.

A l’image de cette culture si vivante, de ces paysages de lumière et de cette architecture nés de l’inspiration et des besoins de l’homme, cette capacité à intégrer les apports nouveaux, à faire de ce formidable brassage un facteur d’enrichissement, motive l’action des acteurs du Parc Naturel régional pour les 12 années qui suivent sa création.

C’est dans la vie des villages, imprégnée d’une profonde tradition rurale, que la culture provençale a puisé ses racines et s’est épanouie… Alpilles, « poumons, gardiennes de la mémoire historique et vivante de la Provence ».

Les fêtes traditionnelles rythment la vie des villages des Alpilles tout au long de l’année, souvent liées encore au calendrier agricole, célébrant les saisons et les récoltes (moissons, olivades, vendanges..) : fêtes de la transhumance, feux de la Saint-Jean, pegoulado, carretto ramado, fêtes votives, fêtes calendales…Elles sont un moment d’expression privilégié pour la musique et les danses, le costume traditionnel du Pays d’Arles, la célébration du taureau camarguais, ou biòu…

Le port du costume d’Arles occupe une place primordiale dans l’expression de cette identité provençale. Il est l’objet de beaucoup de patience et d’attention dans sa confection et son apprentissage, transmis de génération en génération, illustrant toute l’importance et la signification qu’il revêt, du lien social qu’il représente.

Si le biòu est au centre de la majorité des fêtes, avec les abrivado, les bandido, les encierros et bien sûr les « courses à la cocarde », ces dernières sont des fêtes à elles toutes seules, tant la fé di biòu, le culte du taureau camarguais, anime et passionne encore les foules de part et d’autre du Rhône. Les arènes des Alpilles sont les lieux des grands rendez-vous de la bouvine et font accourir de mars à novembre les passionnés de Provence, du Languedoc et aujourd’hui de bien d’autres contrées. Elles sont des lieux de convivialité par excellence, de rassemblement des hommes et des femmes toutes générations et catégories sociales confondues..

La cuisine provençale ancrée bien sûr dans le quotidien et indissociable du terroir agricole, est un des éléments très importants de ce patrimoine vivant, de ses productions locales, mais aussi des grands rendez vous qui rythment l’année. de la transhumance à Noël . Ici on peut encore déguster, suivant la recette traditionnelle, l’aïoli, l’anchoïade, la riste d’aubergine, les olives cassées, la pompe à huile, la fougasse, le crespèu…qui ont bien sûr pour ingrédient commun l’olive ou l’huile d’olive, que certaines entreprises locales ont su faire connaître dans le monde entier.Gaudre, roubine, bouvine, draille, grossane… sont des mots employés au quotidien par tous les habitants des Alpilles, parfois sans savoir qu’ils sont issus du provençal. Cette langue résonne également dans tous les recoins des Alpilles, au travers des noms de lieux-dits, de mas, de rues…

Le Parc des Alpilles et la lengo nostro

Chaque Parc naturel régional de France a ses particularités, dans lesquelles les aspects linguistiques et littéraires ont leur place. C’est ainsi que certains sont intimement liés à une langue régionale, comme par exemple le Parc de Bretagne, le Parc des Volcans d’Auvergne ou encore celui du Haut Languedoc ou de Corse. Le Parc des Alpilles, lui, est le creuset d’une langue sincère et symbole de solidarité, qui a donné naissance à une littérature, honorée, par Mistral et le Prix Nobel.

En fixant de façon écrite, au XIXè siècle, la langue provençale parlée dans les Alpilles, en particulier par l’adoption d’une graphie facile et moderne, Frédéric Mistral lui a ouvert d’autres horizons. Les Alpilles ont été un foyer actif de cette « Renaissance provençale », commencée il y a 150 ans avec la fondation du Félibrige, grâce aux nombreux enfants du pays qui y ont puisé la source de leur inspiration : Charloun Rieu, du Paradou, Joseph Roumanille et Marie Mauron, de Saint-Rémy, Jean-Calendal Vianès et Sully-André Peyre, de Mouriès, Charles Galtier, d’Eygalières…et Frédéric Mistral, qui de son mas natal à Maillane, veillait sur ses Alpilles inspiratrices Poètes ou écrivains, ils ont chanté la Provence dans leur langue maternelle, le Provençal, et marqué ainsi toute l’histoire littéraire jusqu’à aujourd’hui.

Loin des stéréotypes que voudrait imposer une vision mercantile bien lointaine des réalités de ce monde, la ferveur qui anime les habitants de cette terre de passion et l’engouement qu’elle suscite auprès des jeunes générations, témoigne de ce partage de génération en génération entre habitants d’ici et d’ailleurs.

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