Premier défi : maîtriser l’aménagement du territoire. Lorsque l’on se trouve à deux pas de la Ville Nouvelle de Saint-Quentin-en-Yvelines, à une dizaine de kilomètres du plateau de Saclay (qui concentre un fort bassin d’emploi), à 45 minutes de châtelet en RER, c’est un enjeu difficile. Pourtant, en signant la charte, les communes se sont engagées à ne pas étendre les constructions ni à grignoter les espaces naturels. Comment ? En construisant à l’intérieur des espaces déjà urbanisés et des centre-bourgs. En réhabilitant les maisons de ville, les corps de ferme, ou les maisons de garde-barrière en logements aidés, favorisant ainsi la mixité sociale. A chaque projet, les communes reçoivent soutiens, aides techniques (parfois financières) et conseils de l’atelier d’architecture du Parc qui souvent les encourage, en plus, à se tourner vers la haute qualité environnementale.
Deuxième enjeu : protéger les patrimoines. Naturel, tout d’abord. En mettant tout en œuvre pour que la faune et la flore puissent trouver refuge sur les 25 000 hectares qui composent le Parc. Lorsque les naturalistes constatent que 50% des mares ont disparu sur les terres de culture et 1/3 des mares ont disparu en zone bâtie, un coup de pouce est donné aux agriculteurs et aux particuliers pour les réhabiliter. Dans le même esprit, pour faire revenir la Dame blanche, des nichoirs à rapaces nocturnes sont posés dans les vergers et les clochers. Pour lutter contre les inondations et améliorer la qualité de l’eau, près de 165 km de rivières sont auscultées et restaurées. Aussi, pour préserver l’intégrité de ses espaces naturels, le Parc innove. Lorsque hier les Granges de Port-Royal s’apercevaient de Milon-la-Chapelle, un bois obscurcit aujourd’hui la vue.
Les prairies en fond de vallée, difficiles à exploiter ont été délaissées. La friche a grignoté, puis la forêt. Pour y remédier, le Parc a fait venir un troupeau bien spécial. Des vaches écossaises habituées aux rudes conditions du nord de l’Europe broutent désormais par tous les temps herbes et buissons de la Gravelle. En quelques années, la prairie a retrouvé ses airs de verts pâturages (et une incroyable biodiversité). Et l’expérience fait école. Les éléments du petit patrimoine culturel font l’objet de la même attention. Avec l’aide du Parc, les lavoirs, fontaines, ponts et habitat traditionnel sont réhabilités.
Troisième objectif : maintenir un territoire vivant. Ici, comme dans l’ensemble des campagnes françaises, les 21 communes subissent de plein fouet le départ des petits commerces. Mais au Parc, on ne baisse pas les bras. Le service économie fait tout pour que les centres bourgs retrouvent la vie et l’animation d’autrefois. Des aides sont données aux artisans et aux commerçants pour se mettre aux normes, pour rendre leurs commerces attractifs et compétitifs. Les entrepreneurs verts sont encouragés à venir s’installer. Les échanges entre vendeurs et acquéreurs sont facilités par une bourse aux locaux vacants… Sur le plan de l’urbanisme, on encourage la mixité de logements pour qu’un brassage des générations et des populations enrichisse le territoire (90% de propriétaires aujourd’hui !). Enfin, le Parc multiplie les activités culturelles : expositions, séances de cinéma en plein air, animations, visites.
Dernier enjeu : impliquer les habitants. Car dans les Parcs, la démocratie participative n’est pas une formule à la mode. On l’expérimente depuis l’origine du concept, en 1967. Dans la Haute Vallée de Chevreuse, toutes les formes sont bonnes pour réunir autour d’une table l’ensemble des acteurs concernés par un même projet : tables rondes, forums, ateliers. Pour trouver des solutions locales aux enjeux planétaires. Pour mettre en œuvre à l’échelle du territoire la leçon du développement durable : « penser global, agir local ». Les enfants sont les premiers à retenir la leçon. Une équipe d’animateurs du Parc sillonne les écoles pour expliquer ce qu’est un territoire durable. Des projets pédagogiques, avec réalisations concrètes à la clé (sur l’eau, l’histoire locale, le jardinage, les déchets), sont menés dans une soixantaine de classes. Soit plus de 1300 enfants concernés chaque année.